Florent Vollant ne voulait rien savoir d’un album. Il en a fait un quand même

Le côté droit est affaibli par un AVC subi en 2021, mais l’esprit reste vif et la parole, généreuse. Florent Vollant arrive à 40 ans de carrière avec un nouvel album, des souvenirs plein la tête et de la gratitude plein le cœur.

«J’ai voyagé beaucoup. Beaucoup, beaucoup avec ma musique.»

Assis devant un écran à travers lequel il parle avec le représentant du Journal depuis Mani-Utenam, celui qui est certainement l’artiste innu le plus aimé du Québec mesure le chemin parcouru en se rappelant des grands noms qu’il a croisés sur sa route.

«Bachman-Turner Overdrive, je les ai rencontrés et j’ai fait comme wow! Blue Rodeo, au Canada, c’est… et… comment il s’appelle le vieux chanteur folk que j’écoutais beaucoup à l’époque», hésite l’ancienne moitié de Kashtin.

– Gordon Lightfoot?, lui suggère-t-on. «Oui, justement lui», acquiesce-t-il.

«J’ai appris beaucoup avec eux, avec des gens qui m’ont fait de la place, qui nous ont fait de la place, qui nous ont invités. Quand je pense à ces 40 années, je pense aux rencontres que j’ai faites.»

Il garde évidemment une place spéciale dans son cœur pour les artistes du Québec qu’il a côtoyés.

«Name it! Je les ai vus toute la gang. De Richard Séguin jusqu’à Paul Piché. Ils m’ont donné la chance, ils m’ont invité sur leurs scènes. J’ai partagé du temps avec eux, on a ri ensemble», relate Florent Vollant.

En tandem

Dans le moment présent, il doit composer avec les séquelles de son AVC. «Deux choses me manquent: faire un rythme régulier avec ma guitare et courir», confie le musicien.

Rien de tout cela ne l’a empêché de compléter l’enregistrement de Tshitatau, un nouvel album qu’il lance ce vendredi, à deux jours de la Journée nationale des langues autochtones.

Pour la première fois en six albums solos, il a fonctionné en tandem avec son ami de longue date, André Lachance.

«Pourquoi? Je pense que j’étais rendu là. Je n’avais pas vraiment d’idées. Je me disais que j’allais monter un spectacle, mais André m’a dit : non, je te propose de la musique.»

– Vous n’aviez donc pas l’intention de faire un album?

«Pantoute, je ne veux rien savoir de ça, moi, faire des albums.»

Échanges

Il en a quand même fait un, né des échanges entre les deux hommes.

«Je lui ai demandé ce qu’il chanterait. Il m’a répondu qu’il ferait une prière. J’ai dit OK, on va commencer avec ça. C’était un tableau. Ensuite, il a dit qu’il aimerait ça qu’on raconte quand on part d’un endroit et qu’on s’en va ailleurs, ce qu’on ressent, ce que les gens disent, ce qu’ils vivent, ce que nous vivons.»

Et ainsi de suite, jusqu’à ce que 12 chansons soient composées, enregistrées et rassemblées dans un tout folk, avec une touche reggae en cours de route.

La scène?

L’album est donc prêt, mais compte tenu de sa condition, Florent Vollant peut-il envisager de présenter ses nouvelles créations sur scène?

«Dans mon studio, ça va. Je peux prendre mon temps, je peux engager quelqu’un avec moi pour aider mon vocal, je peux le faire. Par contre, faire de la route, faire des chansons? Je ne pense pas que je pourrais faire un spectacle complet. Il faudrait que ce ne soit pas loin de chez moi et juste deux ou trois tounes dans un spectacle. Ça, je fais ça.»

Autrement dit, si vous avez l’occasion de le voir sur une scène, saisissez votre chance. 

  • L’ album Tshitatau, de Florent Vollant, est maintenant disponible.

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